20-02-2011
Mécanique Souveraine (suite de l’heritage du Danyon)
1 Adieu mon passé
Une pluie fine et glacée enveloppe la grosse limousine sur une route isolée de la campagne angevine. L’automne s’achève par cette journée triste avec la vision de ces champs nus et lavés. Au loin, un groupe de corbeaux plane lentement sous les nuages à la recherche d’un abri. Le lent mouvement des essuie-glaces donne la cadence à l’humeur morose de Cotto silencieux sur la banquette arrière.
À l’approche d’un village, le chauffeur décélère progressivement. Il cherche un repaire, un panneau quelconque qui indiquerait la maison de retraite… Il sait qu’il est en retard, d’ailleurs, passant devant l’église, il aperçoit un petit rassemblement. « Nous y sommes » pense-t-il. C’est ici. Il gare son véhicule sous les arbres de la petite place.
Sans attendre, Cotto descend et rejoint l’attroupement au moment ou le corbillard apparaît au bout de la rue. Il examine les gens à la recherche d’un visage connu. La plupart sont des pensionnaires de la maison de retraite qu’il a croisés quelquefois, il y a la directrice et près d’elle, la seule personne qu’il connaisse vraiment, Jérôme, le fils de son vieux copain. Il s’approche de lui, et sans échanger un mot, lui serre la main.
Jérôme dépasse à peine la cinquantaine, taille voûtée, cheveux rares, costume sombre, rien de ce qu’était son père au même âge. Cotto laisse les souvenirs le distraire alors que le cercueil de son vieux copain Roberto Condu pénètre dans l’église, porté par quatre gaillards.
Condu était son dernier pote de jeunesse. Celui pour lequel il avait une affection particulière. Artiste sans grand talent, sans succès, mais roi de la débrouille et capable de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Il l’avait toujours connu comme un éternel gamin se jouant et riant de tout. 75 ans d’une vie d’insouciance que le prêtre sut traduire avec émotion, mais en omettant les moments probablement les plus mémorables de sa vie.
Puis ce fut le cimetière, le dernier salut et la page tournée définitivement.
La cérémonie terminée, Cotto salue Jérôme ainsi que le jeune homme qui l’accompagne dans lequel il croit reconnaître l’œil vif de son copain Roberto.
- Mon fils Robert, lui présente Jérôme.
« Même regard que son grand-père, même sourire. » Pense-t-il.
Ils échangent quelques mots puis il regagne son véhicule. Le chauffeur se presse pour lui tenir la portière. Un petit groupe de vieux passe devant eux à petits pas. Il patiente avant de tourner le contact, car il attend les ordres.
Mais Cotto reste songeur. Un coup d’œil rapide dans le miroir de courtoisie lui rappelle qu’il n’est pas comme tout le monde. Il soupire.
- On rentre James. J’ai promis à madame de ne pas m’éterniser…
« Éterniser » encore un mot malheureux !
Cotto vit la période la plus compliquée de sa vie. Ses amis disparaissent, sa femme se flétrit, ses enfants vieillissent, et lui, par le caractère des pouvoirs de Chamlee la Belle, lui le maître, le Danyon, il ne change pas. Il reste le jeune quadra dynamique depuis bientôt quarante ans.
À nouveau, la voiture file entre les gouttes sur une route étroite. La propriété n’est qu’à une trentaine de kilomètres de là.
Acquis peu après son installation définitive sur cette Terre qu’il a décidé de ne pas déserter, l’ancienne forteresse de Bourgcastel et les champs alentour lui servent de domaine. C’est ici qu’il a connu les plus beaux moments de va vie, son mariage avec Fanty, la naissance des jumelles, la vie sans souci et le bonheur de voir grandir les filles dans la paix retrouvée.
Ces années, il ne les a pratiquement pas vues passer. Ayant su préserver son anonymat, rien n’est venu troubler sa paisible vie de terrien.
De Chamly-la-Belle, il reçoit chaque jour des informations que lui fait parvenir Xa. Il dirige, conseille et sévit si nécessaire par l’intermédiaire de son fidèle robot. Mais il a souhaité que le rôle du Danyon soit le plus discret possible et ses interventions sont rares.
Le monde des Mulgs a retrouvé une sérénité. L’empereur de pacotille mis en retraite, les gouverneurs écarté et remplacé par des élus intègres.
Les Cobalts, châtiés et mis au pas, ont renoncé à leur vieux rêve de domination de la galaxie. L’esclavage aboli, la démocratie s’est imposée. Les planètes satellites tel le triangle des Affunties, ont retrouvés leur indépendance et surtout la tranquillité. Qui oserait se mettre en travers des décisions du Danyon ?
Les gros lézards commencent à s’habituer à avoir des opinions divergentes de celles du Cobtsar et à comprendre qu’ils ne sont pas forcément les meilleurs en tout. Ils y gagnent en connaissances politiques, idéologiques et en esprit de liberté. Ils y perdent un peu en discipline…
Au-delà de la galaxie, du côté du Fleuve Rouge, les Triabs continuent de développer l’anarchie libérale qui leur va si bien.
Officiellement Jules Comptoir gère une entreprise innovante (la Sté Comptoir). En distillant à petite dose des brevets technologiques, Cotto permet à la Terre de se développer à juste vitesse et sans bouleversement. Ces brevets lui rapportent des revenus qu’il réinvestit par le truchement d’une fondation.
Ses filles ont également fait leur vie. Julia, après des études de droit, s’est installé en Amérique du Nord, et avec John son époux, elle dirige le bureau de représentation de la Sté de son père. Émilia, en tant que médecin, dirige la fondation. Restée célibataire, elle vit au domaine près de ses parents.
Quant aux rapports entre la Terre et les Mulgs, ils sont réduits à une ambassade présente aux Nations Unies dans un rôle d’observation. Tout échange commercial est strictement interdit. Aucun des membres de l’ambassade ne connaît l’identité de Cotto, ni même que le Danyon ne vit sur cette planète.
À peine de retour au domaine, Cotto passe devant les bureaux installés dans une aile du rez-de-chaussée du château. Ses collaborateurs travaillent sous la direction de Félix Ribert, un ami de longue date qui gère avec compétence la bonne marche de l’entreprise. Il y a déjà plusieurs années que Cotto a pris de la distance avec le personnel pour ne pas éveiller trop de curiosité sur sa verdeur étonnante.
En fait, peu de gens connaissent la vérité sur son compte. Ses filles et son gendre, Félix et cinq ou six amis intimes qui disparaissent progressivement.
Il gagne son bureau. C’est une petite pièce aux murs couverts de tapisserie datant du moyen âge et aux meubles style Empire. Comme chaque jour, il parcourt rapidement les notes que Félix a déposées à son intention sur une petite table. Rien d’important aujourd’hui.
Il passe dans l’appartement. Fanty tricote devant la cheminée du petit salon. En entendant ses pas, elle l’appelle.
- Cotto ?
Il s’approche d’elle, lui baise le front. Elle pose ses aiguilles sur ses genoux et lui prend la main.
- Alors ? C’est fait ? Notre pauvre Roberto est enterré ?
- C’est fait !
- Il y avait du monde ?
- Pas trop. Tu sais, il ne lui restait plus beaucoup d’amis et sa famille est tellement dispersée…
Elle garde sa main dans la sienne en l’observant.
- Mon pauvre Cotto… Tu seras bientôt le seul survivant de nous tous… Je te plains.
Il reste silencieux. Depuis longtemps les sentiments ont évolué et ils se considèrent plus comme confidents que comme couple. Fanty a vieilli, seuls ses yeux bleus sont intacts. Depuis longtemps, il réfléchit à la suite qu’il donnera à sa vie après sa disparition.
- Je vais prendre l‘air, cette journée est déprimante.
Elle le regarde s’éloigner de son pas énergique. Songeuse, Fanty n’a plus grand-chose à attendre de la vie. Le feu dans la cheminée crépite, mais ne suffit pas à la réchauffer. Elle ajuste son châle sur ses épaules, reprend ses aiguilles et son ouvrage.
Cotto s’est changé. Il pénètre dans l’écurie. Gus a reconnu son pas et frémis d’impatience. Sa lourde tête sort du box.
- Tout doux Gus, on y va !
Il selle le cheval et s’élance sur une allée de terre battue en direction de la campagne.
Douze années passent ainsi au même rythme.
Cotto voyage de temps en temps pour tromper la monotonie de sa vie. Une fois par an, il participe à une réunion avec les responsables des planètes Mulgs. Il reste distant, mais sait être à leur écoute et intervient si nécessaire. Il a longtemps gardé des contacts avec ses amis K’Snoi le Triab et le grand Clim. Mais ils avaient opté pour une vie d’aventures périlleuses, et depuis longtemps déjà ils ne sont plus de ce monde.
Fin avril est encore froide. Une brume rosée enveloppe les naseaux de Gus qui trotte joyeusement entre les vignes d’où s’éveillent les premiers bourgeons. Cotto se laisse porter sans apprécier l’éclat de cette paisible matinée.
De retour, en fin d’après-midi, il soigne Gus avec application. Le cheval se laisse brosser tranquillement, puis il gagne son box. Dans quelques heures, Julia arrivera à Angers par un vol privé. Cotto tient à ce que Fanty soit entourée de ses filles, car ses jours sont comptés. Il ôte ses bottes, secoue sa veste et l’accroche dans l’entrée. Il rejoint le salon d’où lui parvient le crépitement du feu de bois de la cheminée. Fanty semble endormie, son tricot sur les genoux, la pelote de laine a roulé sur le tapis.
Il s’approche doucement, pose la main sur son épaule. Elle glisse légèrement sur le côté. Ses yeux sont clos. Son beau visage fané est figé et prend un reflet de porcelaine. Cotto pose un genou au sol et recueille son visage contre sa joue. Les larmes lui viennent. C’est la fin de l’histoire de Cotto et Fanty
À quelques millions de kilomètres de là, dans un sous-sol blindé, un Cobalt déchiffre un curieux et inattendu message. Le colonel Talentas dirige le service de transmission du secteur Gama. À ce titre, il rédige chaque jour une synthèse des émissions insolites ou préoccupantes qu’il capte dans l’espace et qu’il traduit à l’intention du QG.
Or là, en l’occurrence, si le message capté est bien codé, il a la particularité d’utiliser une ancienne clef Cobalt. Une très ancienne clef !
Le colonel relit le texte plusieurs fois avant d’appeler le lieutenant Gombert…
- Qu’est-ce que c’est que ce truc ? D’où me sortez-vous ce message ?
- Nous venons de le recevoir. J’attends des précisions sur son origine exacte, mais si la datation est bonne, nous aurons du mal à situer sa source. Par contre, j’ai déjà identifié la sonde émettrice. Elle appartient à une ancienne campagne d’exploration close depuis plus de cinquante ans.
- Mince ! Et elle donne de ses nouvelles maintenant ? Comment est-ce possible ?
- Ces sondes avaient une capacité de vie d’environ 10 ans. Nous avons déjà eu des surprises de ce genre, mais pas sur une si longue période…
- Je ne peux pas communiquer cette info sans donner plus de détails. Je vais avoir tout l’état-major sur le dos…
Le lieutenant se racle la gorge.
- Vous imaginez, une planète de type T1 avec une population civilisée. Nous n’en avions pas découvert depuis… depuis la Terre.
- En effet
- D’ailleurs, cette sonde fait partie de la même campagne, c’est vous dire.
Le colonel se gratte les écailles du cou.
- Bon, à votre avis ?
- C’est un monde habité se situant, rien que pour y aller, à 2 ans de bourlingues. Nous devons transmettre l’info. Quant aux suites que donneront nos chefs, vu le reste des infos fournies, je doute qu’ils s’empressent…
- En effet.
Sur ces dix dernières années, les Cobalts ont découvert une demi-douzaine de mondes habitables dont certains possédaient une faune et une flore. L’expansion de leur race a toujours nécessité de découvrir de nouvelles planètes. La colonisation de monde nouveau fait partie de leur culture. Mais, depuis quelques décennies, la donne a été modifiée. Les Cobalts n’ont plus les mains libres. Le Danyon a posé des limites à leur expansion. Interdiction formelle d’approcher d’un nouveau monde s’il est peuplé par une race civilisée.
Cotto a beau se consacrer au travail, il ne trouve plus ses marques dans cet appartement. Le domaine paraît bien trop grand maintenant. Les semaines qui suivirent la disparition de Fanty furent consacrées à ses filles. La mort de leur mère les avait terriblement ébranlées. Cotto fut présent en père attentif, mais ses propres enfants paraissent plus âgés que lui, et le décalage devient de plus en plus compliqué à gérer.
Où sont les amis, le copain à qui se confier, avec qui passer une soirée devant un verre pour se libérer de ses angoisses ? Félix peut-être ?
Oui Félix, et c’est justement lui qui lui proposa de faire un break, il voyait son patron et ami se morfondre, tourner en rond sans but…
- Pourquoi ne prendrais-tu pas quelques jours pour faire le point ? Voyage, change d’air
- Pour aller où ?
- Ou le vent te portera, loue un voilier, offre-toi une croisière en solitaire. Tu as toujours aimé la mer. Autrefois tu partais des semaines…
- Fanty aimait tellement ça. Mais comme tu le sais, elle ne pouvait plus faire de déplacement depuis longtemps…
- Et d’autres choses, je me doute. Tu as été un mari remarquable Cotto. Peu auraient eu ta patience. Mais maintenant, il faut penser à toi, te reconstruire un avenir. Prends de la distance, échappe-toi quelques semaines, je m’occupe de tout. Ton destin ne se limite pas à tes exploits passés. Tu as encore de grandes choses à accomplir.
C’est ainsi que Cotto décide de s’embarquer sur un voilier qu’il loue à Dieppe. L’arrivé du printemps devait lui permettre de s’engager assez haut vers la mer du Nord, direction Saint-Pétersbourg, périple qu’il avait souvent projeté de faire, mais qui n’enchantait pas sa compagne qui préférait les mers chaudes.
Premier objectif ; Ostende en Belgique.
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23-12-2008
Marché de Noël a STRASBOURG
Ca sent la Cannelle !!!0
Et moi j’ai horreur de ça !
L’alsacien sait-il qu’on peut boir un verre de vin sans y mettre de la cannelle ?
Sait-il que la pomme existe nature ?
Pour le reste, ca vaut le coup, des couleurs, des lumières, du monde, de la musique, des boules et des chalets.
Mais surtout quelques bonnes bouteilles…
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30-09-2008
Une histoire de guitare :
Ça commence par hasard, un samedi d’octobre 1989. J’habite alors une petite maison au-dessus de la menuiserie de Jacky, mon beauf. Moi, divorcé, je reçois pas mal en soirée…
Voici donc qu’arrive un copain avec une guitare en piteux état. Le manche est cassé, plus de corde, caisse enfoncée. Trouvée dans une poubelle.
— Avec les bouts de bois et l’outillage de ton beauf, tu ne peux pas la réparer ?
Mon regard expert juge l’objet ;
— Elle est morte !
N’empêche, il me la laisse, et le lendemain, je la porte dans l’atelier et la montre à Jacky.
— Doc, tu peux faire quelque chose ?
— Ouais, la foutre aux ordures. Maintenant, si tu veux, sers-toi et répare là toi-même.
Ce que je fais !
Finalement, une guitare ce n’est pas compliqué. Un peu de colle et des serre-joints. La demoiselle, même si son allure reste de guingois, retrouve une voix de vieille fille enrouée.
J’ai quelques poèmes qui traînent dans un coin, et j’avais appris trois accords pendant mon service militaire (un copain de chambrée était musicien et m’avait initié). C’est comme ça que ça a commencé.
Problème, j’ai 42 ans et mes doigts n’ont plus la souplesse d’un gosse de 15 ans. Alors, j’abandonne les barrés, trop chicanos et je me recherche les accords à ma portée dans une méthode genre « pour les nuls ».
Regret ; je n’ai pas de photo de cette guitare qui est très vite retournée dans les bras du copain, mais du coup j’ai ressorti la petite guitare pour enfant que je gardais depuis dix ans en souvenir d’une petite fille…
Gliong gling. Je commence à me débrouiller, et à l’occasion d’un voyage au Pérou, je découvre que là-bas, les guitares sont vendues pour rien. Je rapporte la plus chère du magasin (équivalent de 100 euros), c’est en 1990.
Je rapporte également un instrument rigolo : un charango. C’est une petite guitare faite dans la carapace d’un tatou (sorte croisement de rat et de tortue) à cinq cordes
Le temps passant, je me suis offert une guitare espagnole, en espérant devenir un virtuose, mais ça reste un rêve.
Un cadeau de rêve m’arrive ensuite : Une Takamine électroacoustique. Je ne joue qu’avec elle
Au fil de mes balades, je me suis offert quelques pièces régionales : une mandoline à Venise et un oud dans un souk du côté de la Tunisie
Une guitare d’occase trouvée dans un grenier au Sri Lanka, de fabrication chinoise, qui m’accompagnera durant mon séjour et qui termine sa carrière chez mon fils (il attend que je la lui accorde).
Pour mes 60 ans, je passe à l’électrique : une belle Ibanez noire. Ça fait du bruit, mais avec le casque…
Quelques mois plus tard, une affaire du mafioso de la famille : comment refuser une fusée ?
Et depuis quelques jours cette guitare avec port USB pour délirer sur le PC.
Mais qu’en fais-je ? la réponse est là: http://jacqk.magix.net/website/
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27-09-2008
Muzik’Elles de Meaux 2008
J’y suis allé !
Quelle soirée mes amis : au programme Juliette et ses invités-surprises. Moi j’ai toujours aimé cette fille pour sa bonne humeur et son franc parlé. Alors, quand j’ai vu la pub, je me suis précipité et j’ai embarqué avec moi ma femme et un couple d’amis. Places prises par le web sur Fnac. Billets imprimés à la maison. Rendez-vous à Meaux à 20 heures, places non numérotées, « complexe Georges Tauziet »
J’aurai du mieux lire le billet, mais un A4 pour une place de spectacle composé aux ¾ de pub, on passe vite dessus.
J’explique : c’est Juliette + Suzanne Vega !
On arrive vers 19h30… forcément, on veut être aux premières places. En plus, je connais l’ambiance des salles, il est fait toujours trop chaud, donc je n’ai qu’un pull sur moi. Grosse erreur.
Je connais les champs Élysée, le champ de Mars, ce sont des champs, OK, ben le fameux « complexe » aussi ! Moi qui m’attendais ai une salle ; raté.
Un vaste espace libre devant la scène, et trois tribunes, une en face, une de chaque coté.
Quand on arrive, deux sont pleines et l’espace se remplit. Pas fou, on file vers l’estrade de gauche, presque vide. Là un officiel nous arrête ;
— Avez-vous payé votre place ?
— Oui, bien sûr (et on va pour sortir nos billets)
— Désolé, cette tribune est réservée aux invités. Vous pouvez vous asseoir, mais à 9h 30, quand débutera la troisième partie du spectacle, il faudra évacuer pour laisser la place aux invités.
Logique. Tu payes ta place, tu restes debout et tu viens voir tout le spectacle. Tu ne paies pas, t’es invité, tu vas d’abord te gaver de petits fours à la mairie et tu ne viens que pour le clou… et en plus on te garde une place assise a l’écart du peuple. C’est d’une morale.
Première partie, un groupe avec une chanteuse. Pas mal, voix genre V. Paradis, chansons à textes couverts par la musique, on ne comprend rien mais ça chauffe et comme on pèle de froid, ça fait du bien. J’ai aimé, pas mes amis.
Ensuite, démontage du matos et une dizaine de techs se précipitent. Il leur faut une demi-heure pour retirer un ampli et trois micros, puis réinstaller deux amplis et trois micros. On appelle ça de la préparation.
Tout ce temps a se geler doit être récompensé. On nous annonce la star, la grande vedette mondiale en tournée, avec une palette d’invité, tous des grands de la guitare. On se lèche les babines ; Suzanne Vega. Tu connais ?
Elle se pointe avec une guitare immense. Belle femme de 40 ans, elle dit bonjour en français et un baratin en Amerloque. On attend le grand orchestre. Il arrive : 60 ans serré dans un jean avec sa guitare. C’est tout ! Une demi-heure d’installation pour ça !
Suivent une heure de mélodie genre berceuse à la Simon et Gart… J’en vois trois qui frappent des mains. Moi je frappe des genoux, des coudes et des dents. La température descend à 10°
Les invités se suivent, le premier joue son truc pendant qu’elle chante, mais sûrement pas le même morceau… C’est faux. (Attention, quand un guitariste entre, l’autre se tire). Kent fait une apparition en tant que chanteur, il joue les chœurs, même pas une des ses chansons. Paul Personne se pointe et s’en tire bien, il a vu les dégâts du premier et se contente de plaquer des accords entre les paroles… 15 ou 20 chansons plus tard, elle attaque son tube (un air connu) pas de chance, c’est le moment que choisissent les officiels pour nous faire déguerpir. Les invités vont arriver ! Déja sur scène, les techs ont repris leur ballet et réinstalle… On en profite pour faire un tour au village.
Stand portugais, hindou, marocain, africain… ça sent la bouffe. On a faim, mais rien ne nous tente, on achèterait bien une polaire… pas de chance.
Je caille trop, avec mon pote on file à la voiture pour la rapprocher.
— SI on sort, on ne rentre pas !
C’est le chef de la sécurité, un mec puissant, très important et pas marrant.
— Je vais juste me chercher quelque chose à me mettre sur le dos, je caille, je pensais qu’on était en salle !
— Les festivals c’est toujours en plein air, vous devriez savoir…
— Hé oui, Avignon, Aix… en juillet/août et au sud, mais Meaux fin septembre…
Bon prince, il nous fait une faveur.
Je rapproche la voiture et j’en profite pour équiper mon copain d’un vieil imper, moi je récupère un ancien pull à ma belle mère qui sert de doudou au chien et un vieux drap de plage (du chien) qui protège le cuir du siège arrière. On fait déguisé, on sent la niche, mais ça réchauffe.
Il est 11 heures, on se magne, car on a dû rater le début de Juliette…
Ben non, c’est pas encore prêt !
Enfin, elle arrive et là, chapeau, une grande bonne femme, une sacrée Nana ! Ses invités jouent le jeu, on se marre et on se régale. Bel orchestre (un vrai) et belles chansons.
Mais debout depuis trop longtemps, le courant d’air glacial, le brouillard… et cette tribune invitée presque vide, mais toujours gardée par des officiels… A minuit dix on se tire discrètement… enfin pas tant que ça, c’est une marrée qui se tire alors que le spectacle continu.
Il est trop tard pour trouver un resto. On se précipite dans la voiture, chauffage à fond, on doit avoir un bout de fromage au frigo.
Conclusion : ras-le-bol des invités qui ne viennent pas (tu parles, c’est gratos).
Ras le bol des organisateurs qui se félicitent de tout ce travail… patati patata… alors que sur 4h30 on a eu 2h30 de déménagement
Ras le bol des pleins airs à Meaux fin septembre et de ce pays qui considère que les invités qui ne viennent même pas sont plus importants que ceux qui paient.
Sacré Coppé.
Jacqk
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