J’y suis allé !
Quelle soirée mes amis : au programme Juliette et ses invités-surprises. Moi j’ai toujours aimé cette fille pour sa bonne humeur et son franc parlé. Alors, quand j’ai vu la pub, je me suis précipité et j’ai embarqué avec moi ma femme et un couple d’amis. Places prises par le web sur Fnac. Billets imprimés à la maison. Rendez-vous à Meaux à 20 heures, places non numérotées, « complexe Georges Tauziet »
J’aurai du mieux lire le billet, mais un A4 pour une place de spectacle composé aux ¾ de pub, on passe vite dessus.
J’explique : c’est Juliette + Suzanne Vega !
On arrive vers 19h30… forcément, on veut être aux premières places. En plus, je connais l’ambiance des salles, il est fait toujours trop chaud, donc je n’ai qu’un pull sur moi. Grosse erreur.
Je connais les champs Élysée, le champ de Mars, ce sont des champs, OK, ben le fameux « complexe » aussi ! Moi qui m’attendais ai une salle ; raté.
Un vaste espace libre devant la scène, et trois tribunes, une en face, une de chaque coté.
Quand on arrive, deux sont pleines et l’espace se remplit. Pas fou, on file vers l’estrade de gauche, presque vide. Là un officiel nous arrête ;
— Avez-vous payé votre place ?
— Oui, bien sûr (et on va pour sortir nos billets)
— Désolé, cette tribune est réservée aux invités. Vous pouvez vous asseoir, mais à 9h 30, quand débutera la troisième partie du spectacle, il faudra évacuer pour laisser la place aux invités.
Logique. Tu payes ta place, tu restes debout et tu viens voir tout le spectacle. Tu ne paies pas, t’es invité, tu vas d’abord te gaver de petits fours à la mairie et tu ne viens que pour le clou… et en plus on te garde une place assise a l'écart du peuple. C’est d’une morale.
Première partie, un groupe avec une chanteuse. Pas mal, voix genre V. Paradis, chansons à textes couverts par la musique, on ne comprend rien mais ça chauffe et comme on pèle de froid, ça fait du bien. J’ai aimé, pas mes amis.
Ensuite, démontage du matos et une dizaine de techs se précipitent. Il leur faut une demi-heure pour retirer un ampli et trois micros, puis réinstaller deux amplis et trois micros. On appelle ça de la préparation.
Tout ce temps a se geler doit être récompensé. On nous annonce la star, la grande vedette mondiale en tournée, avec une palette d’invité, tous des grands de la guitare. On se lèche les babines ; Suzanne Vega. Tu connais ?
Elle se pointe avec une guitare immense. Belle femme de 40 ans, elle dit bonjour en français et un baratin en Amerloque. On attend le grand orchestre. Il arrive : 60 ans serré dans un jean avec sa guitare. C’est tout ! Une demi-heure d’installation pour ça !
Suivent une heure de mélodie genre berceuse à la Simon et Gart… J’en vois trois qui frappent des mains. Moi je frappe des genoux, des coudes et des dents. La température descend à 10°
Les invités se suivent, le premier joue son truc pendant qu’elle chante, mais sûrement pas le même morceau… C’est faux. (Attention, quand un guitariste entre, l’autre se tire). Kent fait une apparition en tant que chanteur, il joue les chœurs, même pas une des ses chansons. Paul Personne se pointe et s’en tire bien, il a vu les dégâts du premier et se contente de plaquer des accords entre les paroles… 15 ou 20 chansons plus tard, elle attaque son tube (un air connu) pas de chance, c’est le moment que choisissent les officiels pour nous faire déguerpir. Les invités vont arriver ! Déja sur scène, les techs ont repris leur ballet et réinstalle… On en profite pour faire un tour au village.
Stand portugais, hindou, marocain, africain… ça sent la bouffe. On a faim, mais rien ne nous tente, on achèterait bien une polaire… pas de chance.
Je caille trop, avec mon pote on file à la voiture pour la rapprocher.
— SI on sort, on ne rentre pas !
C’est le chef de la sécurité, un mec puissant, très important et pas marrant.
— Je vais juste me chercher quelque chose à me mettre sur le dos, je caille, je pensais qu’on était en salle !
— Les festivals c’est toujours en plein air, vous devriez savoir…
— Hé oui, Avignon, Aix… en juillet/août et au sud, mais Meaux fin septembre…
Bon prince, il nous fait une faveur.
Je rapproche la voiture et j’en profite pour équiper mon copain d’un vieil imper, moi je récupère un ancien pull à ma belle mère qui sert de doudou au chien et un vieux drap de plage (du chien) qui protège le cuir du siège arrière. On fait déguisé, on sent la niche, mais ça réchauffe.
Il est 11 heures, on se magne, car on a dû rater le début de Juliette…
Ben non, c’est pas encore prêt !
Enfin, elle arrive et là, chapeau, une grande bonne femme, une sacrée Nana ! Ses invités jouent le jeu, on se marre et on se régale. Bel orchestre (un vrai) et belles chansons.
Mais debout depuis trop longtemps, le courant d’air glacial, le brouillard… et cette tribune invitée presque vide, mais toujours gardée par des officiels… A minuit dix on se tire discrètement… enfin pas tant que ça, c’est une marrée qui se tire alors que le spectacle continu.
Il est trop tard pour trouver un resto. On se précipite dans la voiture, chauffage à fond, on doit avoir un bout de fromage au frigo.
Conclusion : ras-le-bol des invités qui ne viennent pas (tu parles, c’est gratos).
Ras le bol des organisateurs qui se félicitent de tout ce travail… patati patata… alors que sur 4h30 on a eu 2h30 de déménagement
Ras le bol des pleins airs à Meaux fin septembre et de ce pays qui considère que les invités qui ne viennent même pas sont plus importants que ceux qui paient.
Sacré Coppé.
Jacqk